mardi 13 janvier 2009

La petite désespérée de chair

Et la petite rit de ce qu’elle avait entendu parmi les sifflements sombres du vent nocturne. Ce son l’avait réveillé et elle s’était levée de son îlots de terre noir. Un gémissement, étranglé, bestiale puis inhumain. Ou plutôt humainement bestiale.
Elle se lève et marche.
Respire et inhale les odeurs humides de la forêt. Un homme et une femme sont là. Ils s’étreignent de leur corps faibles et laids. Ils s’aiment de désirs indicibles.
La petite avance et passe, furtive, sous les branchages distordus et agités par la brise démoniaque de cette nuit sans lune protectrice.
Car dès lors où la lune se cache, les petites filles à l’innocence volée se mettent à jouer dans l’obscurité seulement traversée par les radiations sporadiques des étoiles.
Ondule, se faufile.
Crève leurs yeux, pour masquer le reflet qu’ils pourraient lui renvoyer d’elle-même et qui l’achèverait par son effroyable vérité.
La petite fille glisse et respire sur leurs yeux les odeurs de leur corps paralysés de sueurs glacées.
Sa langue s’insinue dans les moindres replis. Lape la chair, la ronge de son acidité.
La petite fille les suce jusqu’aux os, aspire leurs souvenirs qui eux sauront faire barrage aux siens, incestueux, enfouis dans son inconscient et qui ne doivent pas en sortir.