Morse, Tomas Alfredson
vendredi 27 février 2009
samedi 21 février 2009
"Peu d'entre nous n'ont pas eu l'occasion de s'éveiller avant l'aube, après l'une de ces nuits sans rêves qui rendraient presque amoureux de la mort ou, au contraire, l'une de ces nuits d'horreur et de joie désordonnée ou les dortoirs de l'esprit sont parcourus par des fantômes plus terribles que la réalité elle-même, imprégnés de cette vie intense qui couve dans les grotesques et donne à l'art gothique sa pérenne vitalité, cet art appartenant surtout, imagine-t-on, à ceux dont l'esprit est atteint par la maladie du rêve. Peu à peu, des doigts blancs se glissent dans les rideaux, qui semblent frissonner. Des ombres muettes, aux formes noires et fantastiques, rampent dans les recoins de la chambre et s'y accroupissent. Dehors, on entend les oiseaux remuer dans les feuilles, ou des hommes se rendre au travail, ou encore soupirer et sangloter le vent qui descend des collines et erre par la maison silencieuse, comme s'il craignait de réveiller les dormeurs et devait cependant arracher le sommeil à sa caverne pourpre. Voile après voile de gaze mince et crépusculaire s'envole, tandis que, graduellement, les formes et les couleurs des choses leur sont rendues et que nous observons l'aube qui redessine le monde selon l'ancien motif. Les pâles miroirs retrouvent leur vie mimétique. Les flambeaux sans flamme demeurent ou nous les avons laissés et près d'eux gît le livre à moitié coupé sur lequel nous nous étions penchés, ou la fleur montée sur le fil de fer que nous avons portée au bal, ou la lettre que nous avons craint de lire ou que nous avons relue trop souvent. Rien ne nous semble avoir changé. Quittant les ombres irréelles de la nuit revient la vie réelle, que nous connûmes. Nous devons la reprendre ou nous l'avions laissée, et nous nous imprégnons de la nécessité terrible de trouver de l'énergie pour poursuivre la même fastidieuse ronde d'habitudes stéréotypés, ou peut-être du désir insensé de voir nos paupières s'ouvrir un matin sur un monde qui aurait été refaçonné nuitamment pour notre plaisir, un monde ou les choses auraient des formes et des couleurs nouvelles et seraient transformées ou auraient d'autres secrets, un monde ou le passé n'aurait pas de place, ou si peu, et ne survivrait, en tout cas, sous aucune forme consciente d'obligation ou de regret, puisque même les souvenirs de la joie ont leur amertume et remémorations du plaisir leu aiguillon."
Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde
samedi 7 février 2009
jeudi 5 février 2009
Automatisme
Les plaies de l’idéal me font perdre l’essentiel de mes fixations. Me suis-je perdu dans un échappatoire torride et masochiste? Ne devrais-je pas être le roc que j’étais autrefois. Je ne regrette rien. Mais les sensations sont immenses. Incompréhension. Je me compare et je me combat. Mais je cède toujours au spleen pathétique. Pauvre de lui, je le plains. Je me sens navrée pour elles, qui me tendent leurs mouchoirs et leurs regards exacerbés d’indulgence et de douce pitié. Je crois que je saigne vraiment et que mon esprit à envahi mes lèvres. Ce n’est plus: rien. C’est: tout. Je m’aseptiserai, oui je le désir. Cela et lui. Toujours et lamentablement. Encore et sexuellement. Il n’y a pas d’épreuve plus difficile que de poursuivre celui qui nous aime! De le pourchasser dans les tréfonds de sa patience. De la capturer dans un cercle de doute et d’infini. Il y a une lueur qui palpite au creux de mes reins et qui creuse, nous creuse. Je suis bien plus lourde que lui. Je l’écrase plus fort. Lui, le langoureux, ma viande, il me submerge d’odeurs sensuelles et d’ardeurs charnelles. Il est léger de le sentir, j’en veux toujours plus. Plus profond. Et ça y va du « nique sa race »! C’est un fruit enrobé qui se suce jusqu’au jus et que l’on ose avaler avec un divin écœurement. Non, il faut bien l’avouer, son jus est particulier et j’en avalerai.
Je crie. Je hurle en silence. Ce n’est pas sans me rappeler cette formule d’Aragon. Bref, des bouts de viande mêlant adoration éternelle et fidèle, polygamie, désir et moiteur, je n’en ai jamais entendu parler. Il doit la sentir mon âme.
D’ailleurs je ne veux pas avoir 20ans. Nous serons des vampires, dis? Mon antagoniste je dirais. On en croquera des vilains garçons. Mmh, je ne demanderais rien de plus que d’arpenter les lunes avec toi. Sinon, malgré ce désir fou, le problème du soir c’est lui.
Le chevauchement n’a jamais été aussi absolu. Boris Vian a absolument raison. Quand je chevauche, quand j’enfourche, ce ne peut être sans mon âme. Il est des plaintes aigues, des sanglots et des éclats.... Un tourbillon de bouts de verre qui m’écorchent en tout sens. Tu l’as sens mon âme? Mon éclat meurtri qui se sublime? Tu le sens ton pal?
*Je crie. Je hurle en silence. Ce n’est pas sans me rappeler cette formule d’Aragon. Bref, des bouts de viande mêlant adoration éternelle et fidèle, polygamie, désir et moiteur, je n’en ai jamais entendu parler. Il doit la sentir mon âme.
D’ailleurs je ne veux pas avoir 20ans. Nous serons des vampires, dis? Mon antagoniste je dirais. On en croquera des vilains garçons. Mmh, je ne demanderais rien de plus que d’arpenter les lunes avec toi. Sinon, malgré ce désir fou, le problème du soir c’est lui.
Le chevauchement n’a jamais été aussi absolu. Boris Vian a absolument raison. Quand je chevauche, quand j’enfourche, ce ne peut être sans mon âme. Il est des plaintes aigues, des sanglots et des éclats.... Un tourbillon de bouts de verre qui m’écorchent en tout sens. Tu l’as sens mon âme? Mon éclat meurtri qui se sublime? Tu le sens ton pal?
La perdition a signé ma honte. Douleur qui se creuse un chemin dans ce que j’ai de plus chaud à t’offrir. Un serpent doux et curieux. Mais un serpent non désiré. J’ai palpé ce corps, en quête d’un mouvement. J’ai caressé, goûté, mordu mais rien n’y fait. Ce que je fais ne se fait que sur un corps. Ça ne saurait m‘émouvoir autrement.
*Je me vengerai. De tout les maléfices que tu m’as fait subir, je n’en préfère aucun.
Il suffit d’un doigt pour que l’opéra débute. Les notes se font douces, cassantes au début. Il n’y a pas d’assurances dans ces gémissement qui m’échappent. Ton doigt que tu sembles hésiter à introduire lorsque tu es au dessert. Dessert qui se gorge de ravissement des qu’il est lapé, mordu, consommé, anéanti. Puis le visage se contracte, se hérisse de mimiques angoissées. Oui car c’est de l’angoisse. Mon chant se fait plus claire, plus palpable et mes lèvres s’assèchent.
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