vendredi 19 juin 2009
jeudi 11 juin 2009
"Te voilà guéri, intrépide. Intrépide et stupide, secoué dans le désordre que tu déteste, toujours en fuite de quelque chose, en route vers quelque chose, ton traîneau entouré de neige et de loups.
Te voilà guéri et seul, revenu l'hiver dans cette grande maison vide où tu écrivais ce livre, entouré d'une famille. Tu écrivais ce livre dont tu corriges les premières épreuves auxquelles tu ne comprends presque plus rien.
Intrépide et stupide, encombré de tâches qui t'entraînent dans des tâches, essayant d'atteindre un but que tu ornes comme une arbre de Noël.
As-tu droit à Noël et à une maison calme ? As-tu le droit d'écrire ces oeuvres de calme qui jugent les hommes et les condamnent à mort ?
L'autre soir, pendant une conversation à table, tu as appris ton âge. Tu ne le savais même pas car tu comptes mal et tu n'établissais pas le moindre rapport entre la date de ta naissance et l'année ou nous sommes. Quelque chose en toi en a été stupéfait. Ce quelque chose s'est pernicieusement communiqué à l'organisme, jusqu'à ce que dises : "je suis vieux." Tu préférais sans doute t'entendre dire : "Tu es jeune", et croire ce que te racontent les flatteurs.
Intrépide et stupide, il te fallait prendre un part. Cela limite la difficulté d'être, puisque pour ceux qui embrassent une cause, ce qui n'est pas cette cause n'existe pas.
Mais toutes les causes te sollicitent. Tu as voulu ne te priver d'aucune. Te glisser entre toutes et faire passer le traîneau.
Eh bien, débrouille toi, intrépide ! Intrépide et stupide, avance. Risque d'être jusqu'au bout. "
La difficulté d'être, Jean Cocteau
Te voilà guéri et seul, revenu l'hiver dans cette grande maison vide où tu écrivais ce livre, entouré d'une famille. Tu écrivais ce livre dont tu corriges les premières épreuves auxquelles tu ne comprends presque plus rien.
Intrépide et stupide, encombré de tâches qui t'entraînent dans des tâches, essayant d'atteindre un but que tu ornes comme une arbre de Noël.
As-tu droit à Noël et à une maison calme ? As-tu le droit d'écrire ces oeuvres de calme qui jugent les hommes et les condamnent à mort ?
L'autre soir, pendant une conversation à table, tu as appris ton âge. Tu ne le savais même pas car tu comptes mal et tu n'établissais pas le moindre rapport entre la date de ta naissance et l'année ou nous sommes. Quelque chose en toi en a été stupéfait. Ce quelque chose s'est pernicieusement communiqué à l'organisme, jusqu'à ce que dises : "je suis vieux." Tu préférais sans doute t'entendre dire : "Tu es jeune", et croire ce que te racontent les flatteurs.
Intrépide et stupide, il te fallait prendre un part. Cela limite la difficulté d'être, puisque pour ceux qui embrassent une cause, ce qui n'est pas cette cause n'existe pas.
Mais toutes les causes te sollicitent. Tu as voulu ne te priver d'aucune. Te glisser entre toutes et faire passer le traîneau.
Eh bien, débrouille toi, intrépide ! Intrépide et stupide, avance. Risque d'être jusqu'au bout. "
La difficulté d'être, Jean Cocteau
lundi 8 juin 2009
"Petit faucon"
Il erre entre plusieurs époques pendant que je l'observe avec des notions contrariantes. Je suis parfois Vincent. Je m'effondre dans des plaintes hagardes et grotesques. Puis, Edgar me porte sur les maux de la perversité. "And my soul from out that shadow that lies floating on the floor [Shall be lifted — nevermore!"
Sur un autre registre, Teleny me revigore, me frotte et me claque. Quand je le tiens, je caresse. Camille, lui, m'assemble, il me recompose sentiments et impressions qui me sont indicibles. J'aime irrémédiablement ce cher et tendre qui me fait subir les pires antithèses émotionnelles. Il me transforme en véritable oxymore. Et je me dis qu'il serait bon d'oublier mes geremiades et de me travestir en Dandy libertaire.
Edgar et Oscar illustrent plutôt bien cette dualité mutante qui me taraude et m'amène sans cesse du morbide gouffre à la mordante manipulation. La liaison serait-elle une légère décadence?
Court-métrage Vincent de Tim Burton
Sur un autre registre, Teleny me revigore, me frotte et me claque. Quand je le tiens, je caresse. Camille, lui, m'assemble, il me recompose sentiments et impressions qui me sont indicibles. J'aime irrémédiablement ce cher et tendre qui me fait subir les pires antithèses émotionnelles. Il me transforme en véritable oxymore. Et je me dis qu'il serait bon d'oublier mes geremiades et de me travestir en Dandy libertaire.
Edgar et Oscar illustrent plutôt bien cette dualité mutante qui me taraude et m'amène sans cesse du morbide gouffre à la mordante manipulation. La liaison serait-elle une légère décadence?
Court-métrage Vincent de Tim Burton
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