jeudi 5 février 2009

Automatisme

Les plaies de l’idéal me font perdre l’essentiel de mes fixations. Me suis-je perdu dans un échappatoire torride et masochiste? Ne devrais-je pas être le roc que j’étais autrefois. Je ne regrette rien. Mais les sensations sont immenses. Incompréhension. Je me compare et je me combat. Mais je cède toujours au spleen pathétique. Pauvre de lui, je le plains. Je me sens navrée pour elles, qui me tendent leurs mouchoirs et leurs regards exacerbés d’indulgence et de douce pitié. Je crois que je saigne vraiment et que mon esprit à envahi mes lèvres. Ce n’est plus: rien. C’est: tout. Je m’aseptiserai, oui je le désir. Cela et lui. Toujours et lamentablement. Encore et sexuellement. Il n’y a pas d’épreuve plus difficile que de poursuivre celui qui nous aime! De le pourchasser dans les tréfonds de sa patience. De la capturer dans un cercle de doute et d’infini. Il y a une lueur qui palpite au creux de mes reins et qui creuse, nous creuse. Je suis bien plus lourde que lui. Je l’écrase plus fort. Lui, le langoureux, ma viande, il me submerge d’odeurs sensuelles et d’ardeurs charnelles. Il est léger de le sentir, j’en veux toujours plus. Plus profond. Et ça y va du « nique sa race »! C’est un fruit enrobé qui se suce jusqu’au jus et que l’on ose avaler avec un divin écœurement. Non, il faut bien l’avouer, son jus est particulier et j’en avalerai.
Je crie. Je hurle en silence. Ce n’est pas sans me rappeler cette formule d’Aragon. Bref, des bouts de viande mêlant adoration éternelle et fidèle, polygamie, désir et moiteur, je n’en ai jamais entendu parler. Il doit la sentir mon âme.
D’ailleurs je ne veux pas avoir 20ans. Nous serons des vampires, dis? Mon antagoniste je dirais. On en croquera des vilains garçons. Mmh, je ne demanderais rien de plus que d’arpenter les lunes avec toi. Sinon, malgré ce désir fou, le problème du soir c’est lui.
Le chevauchement n’a jamais été aussi absolu. Boris Vian a absolument raison. Quand je chevauche, quand j’enfourche, ce ne peut être sans mon âme. Il est des plaintes aigues, des sanglots et des éclats.... Un tourbillon de bouts de verre qui m’écorchent en tout sens. Tu l’as sens mon âme? Mon éclat meurtri qui se sublime? Tu le sens ton pal?

*

La perdition a signé ma honte. Douleur qui se creuse un chemin dans ce que j’ai de plus chaud à t’offrir. Un serpent doux et curieux. Mais un serpent non désiré. J’ai palpé ce corps, en quête d’un mouvement. J’ai caressé, goûté, mordu mais rien n’y fait. Ce que je fais ne se fait que sur un corps. Ça ne saurait m‘émouvoir autrement.

*

Je me vengerai. De tout les maléfices que tu m’as fait subir, je n’en préfère aucun.

Il suffit d’un doigt pour que l’opéra débute. Les notes se font douces, cassantes au début. Il n’y a pas d’assurances dans ces gémissement qui m’échappent. Ton doigt que tu sembles hésiter à introduire lorsque tu es au dessert. Dessert qui se gorge de ravissement des qu’il est lapé, mordu, consommé, anéanti. Puis le visage se contracte, se hérisse de mimiques angoissées. Oui car c’est de l’angoisse. Mon chant se fait plus claire, plus palpable et mes lèvres s’assèchent.

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