mercredi 20 mai 2009

La porte et le Vertigen

Sans arrêt. Il n'en existe pas. La bride me tient par instant mais elle finit toujours par se relâcher, jusqu'à... J'aimerais atteindre le Vertigen, celui d'une porte entre Clarté et Ombre. Goûter les plaisirs indicibles des êtres d'acier et de nuit. Lui c'est un Unseelie, aucun doute là dessus. Alors il ne reste que cet échappatoire, mon Azelad. Demeurer en Nigredo et te goûter dans le paroxysme des sens. Je dois appartenir à cette cour, les griffures en attestent.

Ô cesse de soupirer et de suppurer tes peines mon enfant. Ta place est ailleurs que dans le déclin. Elle est dans l'essor du poil, de la bête et du sang. Elle est dans le giron de ton loup.

Azelad, mon reflet. Je suis lasse ce soir. Les temps me semble figés lorsque tu n'investis pas mon Lupanar. Et je m'envole dans des chants lyriques qui font saigner les arbres et pleurer les hirondelles. Il faudrait que je quitte ce pathétisme latent qui n'aseptise en rien mon mal.

Ô souviens toi des chants anciens mon enfant. Remémore toi la plainte aiguë des femmes d'antan et apprend leur leçon. Tu es le calice, et celui qui te boit te savoure bien plus que tu ne le crois. Ôte toi ces peurs sournoises et envahissantes. Elles sont vaines et t'enlisent dans la cendre.

Viande me saigne.
Carcasse me désosse.
Vertigen me guète.

Ô mon enfant, n'oublie pas comme le Loup a succombé sous ta langue et tes griffes. Et hurle en silence... Car la porte s'ouvrira et te happera dans son Vertigen.


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